VoilĂ
les pensĂ©es d’un garçon de ma connaissance, assis tranquillement dans un cafĂ© Ă
l’Ă©tage, par un mercredi tel quel qui se dĂ©roule sous un ciel banal couleur
de dĂ©part, quelque part dans le monde, eh bien en Allemagne, pour ĂŞtre exact. L’individu, tout
vĂŞtu de gris, un peu pigeon, chevelure couleur de paille (pour s’inscrire dans
ces formules toutes faites), attend son avion en sirotant un café tout
froid, bien au chaud (ce qui ne va pas de soi par un printemps plutĂ´t frisquet)
et saintement convaincu d'ĂŞtre un homme en pleine crise de la quarantaine. Sa tĂŞte est pleine Ă craquer d’idĂ©es pour
l’amĂ©nagement de sa vie adulte, dĂ»t celle-ci finir sous peu, puisqu'on ne sait
jamais ce qui vous guette au sortir d’un cafĂ©, que dis-je, ce qui vous guette Ă
son intĂ©rieur n’est pas tellement Ă©vident non plus ! Une latte du plafond
qui se dĂ©tacherait inopinĂ©ment en tombant sur la tĂŞte d’un client qui ne
l’aurait jamais vu venir aurait le mĂŞme effet terminal sur sa vie
qu’une dĂ©tonation nuclĂ©aire provoquĂ©e par un dirigeant foufou qui appuierait le
bouton dans l’autre hĂ©misphère du globe.
Parce que dans la vie, on ne sait jamais, mais cela ne nous empĂŞche pas de rĂŞver, de nous poser des questions, de nous y inventer nos propres rĂ©ponses. On ne critiquera donc pas M. TĂŞte-en-l’air que nous voyons installĂ© chez Starbucks, faisant son Français avec une Ă©charpe stylĂ©e et un livre en italien Ă portĂ©e de la main droite. Non mais sĂ©rieux, ne le critiquons pas. Il a envie de faire son mĂ©tier en Ă©crivant, et mĂŞme si pour le moment il n’a pas grand-chose Ă nous dire, laissons-le rĂŞver un peu, avant que la vie ne le prive de ses dernières illusions. Voyez-vous, s’il met du temps Ă comprendre certaines choses, s’il n’est pas du tout rĂ©aliste et s’il voit tout le monde Ă sa manière, il a du potentiel, celui-lĂ ; si ce n’est pas un potentiel qui en fera un grand journaliste ou Ă©crivain, il pourra faire un barista dĂ©vouĂ© Ă son travail, et si lĂ non plus, il n’assure pas, il deviendra un bourlingueur. PrĂ©cisĂ©ment parce que les voyages le rendent heureux et qu’il n’est pas nĂ©cessaire d’ĂŞtre une tĂŞte d’Ĺ“uf pour en faire de beaux.
Parce que dans la vie, on ne sait jamais, mais cela ne nous empĂŞche pas de rĂŞver, de nous poser des questions, de nous y inventer nos propres rĂ©ponses. On ne critiquera donc pas M. TĂŞte-en-l’air que nous voyons installĂ© chez Starbucks, faisant son Français avec une Ă©charpe stylĂ©e et un livre en italien Ă portĂ©e de la main droite. Non mais sĂ©rieux, ne le critiquons pas. Il a envie de faire son mĂ©tier en Ă©crivant, et mĂŞme si pour le moment il n’a pas grand-chose Ă nous dire, laissons-le rĂŞver un peu, avant que la vie ne le prive de ses dernières illusions. Voyez-vous, s’il met du temps Ă comprendre certaines choses, s’il n’est pas du tout rĂ©aliste et s’il voit tout le monde Ă sa manière, il a du potentiel, celui-lĂ ; si ce n’est pas un potentiel qui en fera un grand journaliste ou Ă©crivain, il pourra faire un barista dĂ©vouĂ© Ă son travail, et si lĂ non plus, il n’assure pas, il deviendra un bourlingueur. PrĂ©cisĂ©ment parce que les voyages le rendent heureux et qu’il n’est pas nĂ©cessaire d’ĂŞtre une tĂŞte d’Ĺ“uf pour en faire de beaux.
Au
moins a-t-il appris Ă tracer des lettres, son Ă©criture n’est pas une Ĺ“uvre
d’art, mais n’importe, aujourd’hui ce sont les ordinateurs qui font
tout le travail.
Non
que je sois son grand admirateur si je vous recommande d’en lire parfois
quelques lignes. Au contraire, je n’en suis pas un ; il m’Ă©nerve plusieurs fois
par jour et souvent il me prend une envie de l’abandonner Ă son sort. Et
pourtant, je ne m'y suis jamais dĂ©cidĂ©, jusqu’ici au moins. Le truc, c’est que
je l’aime un peu (est-ce que je viens de le dire, moi ?), mĂŞme si son
caractère n’est pas des plus agrĂ©able et que nombre de ses fonctionnalitĂ©s
tombent en panne au moment critique. Vraiment, je me suis habituĂ© Ă ce type-lĂ
et je passe, bon grĂ© mal grĂ©, la plupart de mon temps avec lui. J’ai quelques
espoirs par rapport Ă ses talents et j’aimerais rester Ă ses cĂ´tĂ©s pour voir ce
qui en deviendra.
VoilĂ .
Tout simplement, soyez Ă l’Ă©coute. L’embarquement va commencer Ă l’instant. Et
puis ? Et puis on partira. Loin loin.
